Catastrophomètre

Un peu dans la même lignée que mon billet sur les célébrations entourant le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin …

Dans mon tour (presque)-quotidien de blogs, je lisais le dernier billet d’Etolane qui apportait sa participation au « Catastrophomètre » de Martin Petit. Comme les autres ont (souvent / parfois … ça dépend qui) de meilleures idées que moi, comme je trouve le sujet intéressant …

6 décembre 1989 : En Belgique, on célèbre la St Nicolas, patron des écoliers. J’ai 14 ans, plus du tout naïve (*) évidemment mais j’ai aussi décidé depuis longtemps que, même mercantile, c’est un « folkore » que je veux garder encore longtemps. Je n’ai évidemment aucune idée que de l’autre côté de l’Atlantique, 14 jeunes femmes sont mortes simplement pour avoir voulu étudier dans un domaine où elles sont minoritaires.

11 septembre 2001 : Quelques jours avant mes 26 ans. Je travaille dans un environnement plutôt agréable. Dans l’après-midi, alors qu’on sent un peu tous venir l’heure d’une pause café, une de mes collègues, mi-américaine, est au téléphone avec sa soeur qui séjourne à New-York. On comprend qu’il se passe quelque chose … on la devine horrifiée de ce qu’elle voit depuis son balcon. Quelques instants on « espère » un accident mais on comprend vite que ce n’est pas ça. On se précipite tous aux nouvelles sur les sites internet … tout est saturé, à peu près rien ne répond. Dans le bureau d’une autre collègue on s’est réunis autour de sa radio qui livre des informations au compte-goutte … un autre avion sur le Pentagone … un autre ne répond pas à l’appel. Je me souviens de quelqu’un qui dit « Ça va recommencer, plus personne n’osera prendre l’avion ». On sait que l’aéroport est à quelques km de nos bureaux, on voit assez souvent passer des avions à basse altitude … on sait qu’on pense tous à la même chose, le siège de l’OTAN n’est pas beaucoup plus loin, personne ne le dit tout haut mais on se demande tous si on doit s’en inquiéter. On quitte tous le bureau très tôt et je finis la journée devant la télé même si ce sont toujours les mêmes informations qui passent en boucle. Quelques semaines plus tard, je prends l’avion pour passer quelques jours à Montréal, l’avion est particulièrement peu rempli … je n’ai jamais su si c’était une conséquence directe des attentats ou la réalité d’une compagnie aérienne agonisante.

Aujourd’hui : 34 ans. Je vis à Montréal depuis un peu plus de 7 ans. Même s’il est différent, je travaille toujours dans un environnement agréable. Les nouvelles du matin m’ont rappelé le 29ème anniversaire de l’assassinat de John Lennon. J’ai appris à connaître ce qui s’est passé à Polytechnique, par les rappels annuels dans les bulletins de nouvelles de chaque St Nicolas, par un film, par une récolte de fond annuelle destinée à distribuer des bourses d’études en mémoire d’une des victimes, fille d’un ancien employé de l’endroit où je travaille. Sans appréhension, je prends l’avion plus ou moins anuellement pour re-visiter le plat pays qui est le mien. J’ai visité New-York, vu Ground Zero, grand vide au milieu d’une ville si dense.

La vie continue.

(*) façon plus ou moins élégante et plus ou moins discrète de dire si oui ou non, « on sait »

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3 réponses à to “Catastrophomètre”

  • Etolane dit :

    J’ai vécu 10 ans à Montréal. J’y ai atterri à 14 ans directement venue d’un petit patelin jurassien! ;) Moi aussi je suis allée sur Ground Zero, cela fait un drôle d’effet! Et oui, quoi qu’il arrive j’ai aussi l’impression que la vie finit toujours par continuer son cours! ;)

  • val dit :

    Je trouve que tu as une chance énorme de faire tous ces voyages… Pour le 11 septembre, je crois que quel que fut l’endroit où nous nous trouvions tous, cela restera un moment terrible dans notre vie.

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